Philippe Georget – L’été tous les chats s’ennuient


[Voici un polar lu il y a déjà quelques mois, sur lequel je n'avais pas pris de notes mais qui m'avait tellement enthousiasmé alors que je ne pouvais pas ne pas m'offrir un petit billet...]

Un personnage central. Une ville des Pyrénées Orientales. Pour parler de « L’été, tous les chats s’ennuient » de Philippe Georget, premier roman et prix SNCF du polar 2011, on peut choisir de s’appuyer sur ces deux piliers…

Gilles Sebag, le héros de cette histoire. Un de ces héros auquel il est bien difficile de ne pas s’attacher. Parce qu’avant d’être…

- Un inspecteur de police, néo-quadragénaire passablement désabusé professionnellement (fortune de carrière, quotidien sans éclat, collègues pusillanimes…)

il est d’abord et avant tout…

- Un mari amoureux de sa femme et confronté à la possibilité de la perdre, fragilisé par le doute, en proie à des accès de paranoïa et de jalousie.

Il imaginait sa femme dans les bras d’un autre. Il inventait, précisait les situations. Pur masochisme. La douleur était lancinante et il y revenait sans cesse. Comme la langue qui passe et repasse sur la dent cariée. 

- Un père de famille mélancolique, nourrissant le double sentiment de tristesse et de culpabilité de tous ceux qui, voyant s’éloigner leurs adolescents, se demandent ce qu’ils ont pu faire ou ne pas faire, dire ou ne pas dire, pour « mériter » ce qui leur arrive. Un papa rendu maladroit par la crainte d’être ridicule dans ses relations quotidiennes avec ses enfants.

Les enfants grandissent, s’éloignent. Il n’y a rien de plus normal. Ils ont leur vie à faire. Sans lui. « Petit à petit’, l’oiseau fait son nid. » Léo et Séverine n’avaient plus besoin de leur père, ils étaient sevrés. Pas lui. C’était douloureux. Comme un divorce.

- Un homme, un vrai. Normal. Imparfait, vulnérable, faillible, peu sûr de lui. Le contraire du carriériste incapable de concilier vie professionnelle et vie personnelle, et qui sacrifie immanquablement cette dernière à l’autel de ses ambitions. Pas un héros de roman, un héros du quotidien.

La région perpignanaise est une toile de fond qui tisse la sienne (de toile) avec méthode dans l’esprit du lecteur. La tentation n’est jamais loin de poser le bouquin pour aller regarder de plus près sur Street View à quoi ressemblent exactement le boulevard Poincaré, le parking de Força Real ou la rue de la fusterie… Au risque de finir à St-Estève ou à Rivesaltes sur les hauteurs de la ville. Perso je résiste très difficilement, surtout quand il s’agit d’endroits que je ne connais pas (il y en a encore quelques-uns #lol) et j’attrape ma tablette au milieu d’un chapitre pour confronter la présentation qui m’est faite en direct avec la réalité du terrain (petite manie choppée à l’époque où je dévorais les aventures d’Harry Bosch, le héros récurrent de Michaël Connelly, souvent perché sur les hauteurs d’Hollywood.)

Quoi qu’il en soit, cette dimension locale est un des vrais atouts de l’histoire et contribue grandement à la rapide sensation d’immersion que l’on peut éprouver à la prise en main de ce roman.

L’histoire, enfin : une jeune hollandaise est retrouvée assassinée sur la plage par un retraité en balade (alors qu’une autre échappe de peu à un enlèvement), un chauffeur de taxi disparaît dans des conditions étranges. Et une autre autre jeune hollandaise a elle aussi disparu de la circulation. Sebag fait le lien entre ces événements et le trouble augmente quand des lettres anonymes commencent à arriver au commissariat et qui lui sont personnellement adressées. Un mystérieux correspondant a décidé de jouer un étrange jeu du chat et de la souris avec l’avantage de le connaître. L’heure tourne, les pouls s’accélèrent. Une jeune fille est en danger. Un mariage aussi. Sur ces deux dossiers, Gilles Sebag arrivera-t-il à temps ?

« L’été tous les chats s’ennuient », Philippe Georget – Pocket (476 pages), paru en 2009

Quelques liens intéressants sur ce roman ici ou encore par ici. Et une petite bio de Philippe Georget en prime :)
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