George P. Pelecanos – Mauvais fils


885768« Mauvais fils » est mon premier Pelecanos. A-priori pas le meilleur si j’en crois certaines critiques ici là, par ici ou encore par, mais dont la lecture m’a donné envie d’aller plus loin dans la découverte de l’oeuvre de ce grand auteur américain contemporain, maintes fois adapté au cinéma et à la télévision (il a notamment travaillé à l’écriture et à la production de « The wire », toute petite série au succès très confidentiel  🙂

Ce que raconte la 4ème de couverture  : A 17 ans, l’enfance de Chris s’achève brutalement par son incarcération. En sortant de prison, le dialogue est difficile avec ses parents mais il reprend une vie normale. Ou presque. Sous le parquet d’une maison de banlieue, il tombe sur un sac de sport contenant 50000 dollars. Autant d’argent d’un coup, ça fait réfléchir. Quand deux types se pointent pour réclamer le fric, la descente aux enfers commence. 

Précision : ce résumé ne trahit aucunement les ressorts dramatiques de l’histoire, par rapport à son évènement-charnière notamment (la découverte du sac d’argent)

Le roman se découpe en 2 parties bien distinctes, séparées chronologiquement d’une dizaine d’années. Dans la première, on fait la connaissance de Chris, un jeune homme de 17 ans en proie à des démons intérieurs qui le mènent sur les chemins tortueux de la petite délinquance : brutalités, drogue, petits trafics, vols de voiture etc. Chris est moins l’archétype de l’irrécupérable abruti que de l’adolescent démissionnaire, en mal de repères, se construisant dans l’opposition à ses parents (son père, Thomas, en particulier) et dans une forme de fuite en avant consciente mais vécue comme une « nécessité ».

Suite à une énième « infraction » (une course poursuite en voiture avec les flics), Chris se retrouve dans un établissement pénitentier pour adolescents, seul « blanc » au milieu d’une communauté noire mais dans laquelle il parvient à se faire accepter, nouant au passage des relations solides avec certains autres détenus.

Sorti de prison lesté de quelques années supplémentaires et d’un peu de plomb dans la tête, Chris n’a qu’un seul souhait : mener une vie simple, honnête et sans histoires. Projet rendu encore plus viable grâce à la main tendue par son père qui l’embauche dans sa petite entreprise de pose de moquette, en compagnie de Ben, son meilleur ami (ex-taulard lui aussi) avec lequel il forme une équipe de juniors donnant satisfaction à leur employeur. La suite, c’est la découverte de ce fichu sac et des ennuis qui vont venir avec. Et j’en resterai là pour ne pas dévoyer le suspens…

Les relations père-fils, l’incommunicabilité entre générations, la peinture d’un certain désenchantement de la middle-class américaine, le thème de la rédemption et de la mise à l’épreuve, la personnalité attachante de Chris Flynn sont autant d’éléments qui ont contribué à me rendre cette oeuvre mi-roman social, mi-roman noir agréable de bout en bout…

Note : 7/10 

« Mauvais fils », George P. Pelecanos – Policiers Points (400 pages), paru en 2009

[Autres billets positifs chez emoragimagazine et chez Action-Suspense]

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